Ariel Arias
Né à La Havane ,Cuba, en 1966
Je voudrais rappeler en préambule que je suis venu à la photographie parce que je suis passionné dhistoires à lire et à raconter. Dès lâge de 7 ans, jai commencé à écrire et à 30 ans, jai senti le besoin de mexprimer autrement car les mots ne me suffisaient plus. Jai donc cherché dautres moyens dexpression et jai découvert que je pouvais, à travers la photographie, faire et raconter des histoires et mettre en forme à travers elles mes propres sentiments, angoisses et inquiétudes.
Photographier est pour moi une nécessité vitale. Même lorsque je narpente pas les rues avec mon appareil je vois des images tout le temps. Mon pays natal, Cuba, a sûrement conditionné en partie ma façon de voir et de faire voir des images et des histoires. Cest surtout dans la rue que jai promené mon objectif car la plupart de la vie sy trouve et les Cubains aiment être photographiés. A lextérieur, tout minterpelle car jaime voir et observer le monde et les gens autour de moi, cest une source inaltérable dinformations. En région parisienne, où je réside depuis peu, je trouve aussi le moyen de documenter ici linstant réel, qui mest si cher, cet instant signifiant que la plupart des passants ne perçoivent pas car ils passent bien trop vite pour cela. Moi, au contraire, je marche des heures, je flâne pourrait-on dire, à tout heure du jour et de la nuit, dans toutes sortes de quartiers (avec pourtant une préférence pour les quartiers animés qui me rappellent ma Havane) et je saisis ce moment qui me parle et qui saura parler au spectateur attentif et ouvert.
Et bien que la photographie soit toujours une histoire du passé, jessaye den faire une histoire vivante car derrière chaque instant il y a une histoire ou un passage à conter. Cest une espèce dintimité partagée qui se convertit, après le clic, en une sorte déchange affectif entre ma personne et le sujet photographié. Et chacune de mes photos, riche en détails, raconte vraiment une histoire à part entière que chacun peut inventer ou réinventer. Ainsi je reste un peu lécrivain de mon passé.
La rue et les gens sont mes sujets de prédilection mais je ne menferme pas pour autant dans un domaine. Je peux photographier également un intérieur ou des nus. Mais si je fais des nus, je le fais comme lorsque je documente la vie de la rue, je le fais avec simplicité, en utilisant le décor quotidien de la personne, loin des normes imposées par la société, loin de lhypocrisie des religions, de la pornographie.
Mes photos sont le témoin de notre époque et de ses difficultés à vivre, parfois à survivre, un message est derrière chacune delles mais chacun est libre de lire et de comprendre mes photos à partir de sa propre expérience, son propre regard. Je souhaite que celles-ci, au-delà de lobjet et de la scène photographiés, emportent les autres vers un ailleurs, fait de naturel, dhumanisme et de beaucoup damour.
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